Transmission & reprise · PME · Suisse romande
Transmettre ou reprendre une entreprise, c’est organiser une transaction qui reste finançable, fiscalement lisible et exploitable après le closing
Une transmission ou reprise d’entreprise ne se résume ni à fixer un prix ni à signer une convention. Le vendeur cherche à préserver la valeur créée, sécuriser le traitement fiscal et préparer une sortie réaliste. Le repreneur doit vérifier ce qu’il achète, comment il le finance et si l’entreprise générera encore assez de trésorerie pour fonctionner après le service de la dette et les investissements nécessaires.
La même PME peut donc être lue de deux façons. Côté vendeur, les sujets centraux sont la préparation des comptes, la dépendance au dirigeant, la fiscalité de la cession, les garanties et la continuité de l’activité. Côté acheteur, les priorités deviennent la qualité des résultats, la dette nette, le besoin en fonds de roulement, les risques fiscaux et sociaux, les contrats, le personnel et la capacité de remboursement.
BalanceFinance intervient sur la partie comptable, financière, fiscale et administrative du dossier: préparation des chiffres, normalisation, scénarios de prix et de financement, inventaire des risques, coordination des données de due diligence, TVA, paie et organisation du cut-off. La rédaction des contrats de vente, garanties, pactes ou actes nécessitant une expertise juridique relève d’un avocat, d’un notaire ou d’un autre spécialiste compétent.
Pour replacer une transmission dans le cycle de vie de l’entreprise, la page création d’entreprise en Suisse présente le cadre général ; vous pouvez ensuite parcourir nos services de création et de structuration. Lorsqu’il ne s’agit pas encore d’une transaction mais de préparer la structure du groupe, la page holding en Suisse répond à ce besoin. Pour les conséquences fiscales avant une opération, voir également notre conseil fiscal PME et la planification fiscale.
Je transmets
Le vendeur doit rendre l’entreprise compréhensible sans embellir ce qui devra de toute façon être vérifié
Comptes propres, résultats normalisés, contrats importants, dépendance au dirigeant, risques ouverts, fiscalité de la vente et calendrier de sortie doivent être préparés avant la négociation finale.
Je reprends
L’acheteur doit vérifier ce qu’il achète et si la société peut encore financer son activité après l’acquisition
Prix, dette, working capital, investissements, personnel, fiscalité, TVA et contrats doivent être rapprochés d’un plan de trésorerie réaliste.
Première bifurcation
Share deal et asset deal ne transfèrent pas la même chose et ne déplacent pas les mêmes risques
La première question structurante consiste à déterminer l’objet de la transaction. Dans un share deal, l’acheteur acquiert les actions ou parts sociales d’une SA ou d’une Sàrl. La société reste la même personne morale: ses contrats, salariés, actifs et dettes demeurent en principe dans la société, même si l’actionnaire change.
Dans un asset deal, l’acheteur acquiert un ensemble défini d’actifs, de droits et éventuellement de passifs. Le périmètre doit alors être décrit avec beaucoup plus de granularité: stock, immobilisations, créances, contrats, propriété intellectuelle, personnel, autorisations, TVA et dettes reprises doivent être identifiables. Le mécanisme juridique peut varier selon les éléments transférés et la situation du vendeur.
Une transaction ne devient pas meilleure parce qu’elle est appelée share deal ou asset deal. La bonne structure dépend notamment de la forme juridique du vendeur, de la fiscalité des parties, des risques historiques, de la transférabilité des contrats et de la manière dont l’acheteur souhaite isoler ou reprendre les passifs.
| Point | Share deal | Asset deal | Question de décision |
|---|---|---|---|
| Objet acheté | Actions ou parts de la société. | Actifs, droits et passifs identifiés. | L’acheteur veut-il la société elle-même ou seulement une activité? |
| Historique | La société conserve son passé juridique, fiscal et contractuel. | Le périmètre historique repris dépend de l’opération et des règles applicables. | Quels risques passés doivent rester chez le vendeur? |
| Contrats | La société reste en principe cocontractante, sous réserve des clauses de changement de contrôle. | Les contrats doivent souvent être cédés, remplacés ou validés par les tiers. | Les principaux contrats acceptent-ils la structure envisagée? |
| Personnel | L’employeur juridique reste la société cible. | Le transfert d’entreprise peut déclencher les règles des art. 333 et 333a CO. | Qui sera l’employeur le lendemain du closing? |
| Fiscalité | Dépend notamment du statut du vendeur et de la participation cédée. | Les plus-values et réserves latentes sur actifs peuvent devenir déterminantes. | Le coût fiscal a-t-il été simulé avant de fixer la structure? |
| TVA | Le sujet TVA porte surtout sur l’activité continue de la même société. | Une transmission patrimoniale peut nécessiter l’analyse de l’art. 38 LTVA. | La procédure de déclaration est-elle applicable? |
Le vocabulaire «share deal / asset deal» n’est utile que s’il permet de construire une liste précise de ce qui change et de ce qui ne change pas. Le contrat final doit ensuite être aligné avec la comptabilité, la fiscalité, le financement et le cut-off opérationnel.
Valeur & prix
La valeur d’entreprise doit être reconstruite à partir d’un résultat soutenable; le prix final reste une décision négociée entre acheteur et vendeur
Les derniers comptes sont indispensables, mais ils ne suffisent pas à expliquer la valeur économique d’une PME. Une année peut contenir une rémunération du dirigeant atypique, un loyer à une partie liée, une dépense exceptionnelle, un revenu non récurrent, un retard d’investissement ou au contraire une économie temporaire qui ne survivra pas au changement de propriétaire.
La préparation financière consiste donc à passer du résultat comptable historique à un résultat normalisé et soutenable. Cette étape n’a pas pour objectif de «gonfler l’EBITDA», mais d’identifier clairement les ajustements que l’acheteur pourra vérifier. Chaque correction significative doit être documentée par une pièce, une explication et, si possible, un effet récurrent mesurable.
Le résultat normalisé alimente ensuite une ou plusieurs méthodes d’évaluation: approche par rendement, cash-flow, multiples ou valeur substantielle selon le profil de l’entreprise. Le résultat d’une méthode n’est pas automatiquement le prix. Dette financière, trésorerie excédentaire, besoin en fonds de roulement, risques identifiés, dépendance au dirigeant, qualité de la clientèle et conditions de paiement peuvent encore déplacer le montant effectivement négocié.
Comptes historiques
Partir d’états financiers rapprochés et d’une comptabilité exploitable.
Normalisation
Identifier les éléments non récurrents ou liés à l’ancien propriétaire.
Résultat soutenable
Estimer ce que l’exploitation peut produire avec une organisation réaliste.
Valeur d’entreprise
Appliquer une méthode pertinente et tester le résultat avec une autre lecture.
Equity bridge
Réconcilier dette nette, cash excédentaire et autres ajustements convenus.
Prix & modalités
Négocier montant, paiement, seller loan, earn-out ou ajustement de closing.
Due diligence
La due diligence doit transformer les zones d’ombre en décisions: prix, garanties, conditions de closing ou abandon de l’opération
Une due diligence utile n’est pas une collecte illimitée de PDF. Elle cherche à vérifier les hypothèses qui soutiennent la transaction: qualité des bénéfices, existence des actifs, recouvrabilité des créances, niveau normal de working capital, conformité fiscale et TVA, contrats essentiels, situation du personnel, litiges, dépendances informatiques et engagements hors bilan.
Le niveau de profondeur dépend de la taille de la PME et du risque. Une petite entreprise de services avec dix clients et peu d’actifs ne nécessite pas le même dossier qu’une société industrielle avec stock, machines financées, immobilier, plusieurs établissements ou des contrats internationaux. L’objectif reste le même: savoir ce qui peut modifier la valeur, la capacité de financement ou la responsabilité du repreneur.
Les conclusions doivent être reliées à une action. Une créance litigieuse peut conduire à ajuster le prix ou le working capital; une exposition fiscale peut nécessiter une garantie spécifique; un contrat non transférable peut devenir une condition suspensive; une dépendance au dirigeant peut justifier une période de transition ou un earn-out.
Qualité des résultats et bilan
- résultats historiques et normalisation;
- débiteurs, créanciers et ageing;
- stock et immobilisations;
- dette nette et engagements hors bilan.
Positions qui peuvent survivre au closing
- taxations ouvertes et déclarations;
- TVA, impôt anticipé et impôt à la source;
- comptes courants et parties liées;
- restructurations ou rulings antérieurs.
Ce qui produit réellement le chiffre d’affaires
- concentration clients;
- contrats clés et changements de contrôle;
- marges par activité;
- commandes, pipeline et renouvellements.
Ce qui dépend encore des personnes
- contrats, salaires et vacances;
- personnes clés et dépendance au vendeur;
- assurances sociales et prévoyance;
- processus non documentés.
Ce qui doit fonctionner dès le Day 1
- logiciels et licences;
- droits d’accès et dépendance fournisseurs;
- sauvegardes et sécurité;
- traitement et localisation des données.
Points à coordonner avec le conseil juridique
- litiges et garanties;
- propriété intellectuelle;
- autorisations;
- structure de la transaction et documentation.
Une «red flag» n’implique pas automatiquement d’abandonner la reprise. Elle doit être quantifiée, attribuée à la bonne partie et traduite en mécanisme: correction avant closing, réduction de prix, garantie, retenue, condition ou suivi post-closing.
Fiscalité du vendeur
Le traitement fiscal d’une transmission dépend d’abord de ce qui est vendu et de la manière dont le vendeur détient l’entreprise
Pour une personne physique qui détient des actions ou parts dans sa fortune privée, l’art. 16 al. 3 LIFD prévoit en principe l’exonération des gains en capital privés. Cette règle ne permet toutefois pas de conclure qu’un share deal est toujours «sans impôt». Des mécanismes comme la liquidation partielle indirecte ou la transposition peuvent modifier le traitement lorsque leurs conditions sont réunies.
Le financement de l’acheteur doit donc être compris par le vendeur. Dans certaines configurations, l’utilisation après la vente de substance distribuable de la société cible pour financer indirectement l’acquisition peut créer un risque fiscal chez l’ancien actionnaire. Une structure d’acquisition ne doit pas être examinée uniquement sous l’angle de la banque ou du repreneur.
Pour une raison individuelle, la situation est différente: les actifs appartiennent à la fortune commerciale de l’entrepreneur. La réalisation de réserves latentes peut donc entrer dans le revenu imposable. Lorsqu’un indépendant âgé de 55 ans ou plus cesse définitivement son activité, l’art. 37b LIFD prévoit sous conditions un traitement particulier des réserves latentes réalisées au cours des deux derniers exercices. Le cas doit être calculé avant la transaction, pas reconstitué après la signature.
Si le projet consiste d’abord à transférer l’activité individuelle vers une société avant une cession ultérieure, le passage d’une raison individuelle à une Sàrl constitue une opération distincte à cadrer en amont: valeurs transférées, réserves latentes, contrats, TVA et calendrier ne doivent pas être confondus avec la vente elle-même.
Lorsqu’une société vend elle-même une filiale ou des actifs, les règles changent encore. La réduction pour participations peut notamment entrer en jeu pour certaines participations, avec des conditions qui diffèrent entre dividendes et gains en capital.
| Situation du vendeur | Objet de la vente | Lecture fiscale de départ | À vérifier |
|---|---|---|---|
| Personne physique | Actions/parts détenues dans la fortune privée | Gain en capital privé en principe exonéré. | Liquidation partielle indirecte, transposition, prêt vendeur, flux après closing. |
| Indépendant | Actifs ou exploitation de la RI | Réserves latentes de la fortune commerciale potentiellement imposables. | Art. 37b LIFD, AVS, goodwill, immobilier, cessation réelle. |
| Société | Participation dans une filiale | Gain comptable et fiscal dans la société cédante. | Réduction pour participations, durée de détention, coût d’investissement. |
| Société | Actifs isolés | Résultat de cession intégré au résultat de l’entreprise. | Réserves latentes, TVA, remploi éventuel, amortissements. |
Financement du repreneur
Le vrai test n’est pas seulement «peut-on financer le prix?», mais «l’entreprise peut-elle rembourser sans sacrifier son exploitation?»
Le repreneur peut combiner fonds propres, dette bancaire, prêt vendeur, financement subordonné ou mécanismes variables comme un earn-out. Chaque source répond à une logique différente de risque, de coût et de gouvernance. Une dette bon marché peut devenir dangereuse si le cash-flow est saisonnier ou si l’entreprise doit continuer à financer stock, machines, salaires et investissements.
Le plan de financement doit donc être rapproché d’un forecast pluriannuel. Les échéances d’intérêts et d’amortissement doivent être testées avec un scénario normal, mais aussi avec une baisse du chiffre d’affaires, un besoin de working capital plus élevé ou un investissement inattendu. La marge de sécurité est particulièrement importante lorsque le vendeur était aussi la personne commerciale ou technique centrale.
Lorsqu’une acquisition company ou une holding est utilisée, il faut encore vérifier comment les flux pourront remonter depuis la société opérationnelle, quelles limites fiscales s’appliquent et si le montage de financement crée un risque pour le vendeur ou le groupe.
| Source | Avantage possible | Charge ou risque | Question de contrôle |
|---|---|---|---|
| Fonds propres | Réduit la pression de remboursement. | Immobilise le capital du repreneur. | Quelle réserve personnelle doit rester disponible? |
| Dette bancaire | Permet de financer une part importante du prix. | Intérêts, amortissements, covenants et sûretés. | Le cash-flow supporte-t-il le service de la dette dans un scénario prudent? |
| Prêt vendeur | Peut combler l’écart de financement et aligner les parties. | Risque de crédit pour le vendeur et subordination possible. | Le remboursement dépend-il de distributions futures? |
| Earn-out | Lie une partie du prix aux performances futures. | Risque de conflit sur les indicateurs et la gestion post-closing. | La formule peut-elle être calculée sans ambiguïté? |
Le prix d’acquisition doit être testé avec la société cible, pas uniquement avec le patrimoine du repreneur. Une reprise qui consomme tout le cash disponible peut être financièrement «financée» le jour du closing et néanmoins devenir fragile trois mois plus tard.
Working capital & closing
Le prix peut sembler fixé et pourtant bouger au closing si dette nette, cash, stock, créances ou charges à payer ne correspondent pas à l’hypothèse négociée
Une PME continue de facturer, encaisser, acheter et payer jusqu’au jour de la transaction. Les chiffres présentés plusieurs mois avant le closing ne correspondent donc jamais exactement au bilan du jour de transfert. C’est pour cette raison que les parties définissent souvent une mécanique d’ajustement du prix ou des comptes de closing.
Le working capital normal doit être distingué de la trésorerie excédentaire. Une société peut afficher beaucoup de cash tout en ayant besoin d’une partie de ce montant pour payer la TVA, les salaires, les fournisseurs ou la saison suivante. Retirer toute la trésorerie avant la vente peut alors transférer au repreneur une entreprise sous-financée.
Les catégories utilisées dans la convention doivent correspondre au plan comptable. Une dette fournisseur ne doit pas être comptée une fois dans le working capital et une deuxième fois comme dette nette; une provision litigieuse ne doit pas changer de catégorie sans explication. La définition du prix doit pouvoir être reconstruite depuis le grand livre.
Cash
Trésorerie réellement excédentaire
Distinguer les fonds nécessaires au cycle d’exploitation des liquidités distribuables.
Créances
Qualité du recouvrement
Ageing, litiges, avoirs et concentration clients peuvent changer la valeur d’un solde.
Stock
Quantité et obsolescence
Un inventaire doit refléter les quantités réelles et les corrections de valeur nécessaires.
Cut-off
Une date et des règles
Factures, salaires, TVA et charges doivent être rattachés à la bonne période avant et après closing.
Personnel
Lorsqu’une activité est transférée, les collaborateurs ne sont pas un simple poste de bilan: le Code des obligations organise la continuité des rapports de travail
Lors d’un transfert d’entreprise ou d’une partie d’entreprise, l’art. 333 CO prévoit que les rapports de travail passent à l’acquéreur avec les droits et obligations qui en découlent, sauf opposition du travailleur. Ce régime est particulièrement important dans un asset deal où l’employeur juridique peut changer.
L’art. 333a CO impose en outre d’informer en temps utile la représentation des travailleurs ou, à défaut, les travailleurs eux-mêmes sur la raison du transfert ainsi que ses conséquences juridiques, économiques et sociales. Lorsque des mesures concernant les salariés sont envisagées, une consultation doit intervenir avant la décision sur ces mesures.
Le dossier financier doit donc intégrer les soldes de vacances, bonus, heures, provisions, assurances, LPP, indemnités et éventuels engagements particuliers. Après la transaction, la gestion des salaires et les assurances sociales employeur doivent être cohérentes avec la structure réelle retenue.
Avant le Day 1
Sept questions doivent être attribuées à un responsable
Une reprise réussie ne laisse pas les sujets RH entre le contrat de vente et la première paie.
Quels collaborateurs sont juridiquement concernés par le transfert?
Qui doit informer et, le cas échéant, consulter le personnel?
Quels soldes de vacances, heures, bonus ou commissions restent ouverts?
Quels plans LPP, LAA ou autres assurances doivent être modifiés?
Les salaires du mois de closing sont-ils répartis correctement?
Les fonctions clés acceptent-elles de poursuivre après la reprise?
La première paie du repreneur peut-elle être produite sans reconstituer les données?
TVA
Un transfert d’actifs peut nécessiter la procédure de déclaration: le formulaire 764 doit être analysé comme une étape de transaction, pas après le premier contrôle TVA
L’art. 38 LTVA prévoit une procédure de déclaration pour certaines opérations portant sur un patrimoine ou une partie de patrimoine. Lorsque les conditions sont réunies, l’opération est déclarée à l’AFC au lieu de déclencher le paiement ordinaire de la TVA sur la transmission. L’AFC utilise actuellement le formulaire n° 764 pour cette procédure.
Depuis la mise à jour officielle de 2025, le formulaire distingue explicitement les applications obligatoires et facultatives de la procédure. Le dossier doit donc vérifier la qualité des parties, le type d’opération, le périmètre des actifs et les conditions légales. Il ne suffit pas d’écrire «vente de fonds de commerce» dans un contrat pour conclure automatiquement au traitement TVA.
Dans un share deal, l’analyse est différente puisque la personne morale qui exploite l’activité reste la même. Cela n’exonère pas l’acheteur de vérifier l’historique TVA, les décomptes, éventuelles corrections d’impôt préalable et procédures ouvertes dans la due diligence. Pour la mécanique courante du décompte, voir gestion TVA pour PME.
Le traitement TVA doit être validé avant de figer le prix et le cut-off. Une correction tardive peut déplacer la trésorerie entre les parties alors que le contrat de vente est déjà signé.
Transmission familiale · Vaud
Une transmission familiale peut bénéficier de règles particulières, mais le lien de parenté ne remplace ni la valorisation ni l’analyse fiscale
Dans le canton de Vaud, la loi sur les mutations à titre gratuit prévoit sous conditions un abattement de 50% de la fortune commerciale nette dans certaines transmissions successorales ou donations d’entreprise en ligne directe. Le mécanisme peut également concerner certaines participations dans des sociétés de capitaux et des structures de holding lorsque les conditions légales sont remplies.
Cette règle ne signifie pas qu’une entreprise familiale peut être transférée sans préparation. La valeur de l’entreprise, le rôle du repreneur, le niveau de participation, la poursuite de l’activité, les éventuels autres héritiers et le financement de l’équilibre familial doivent être traités séparément. Une réduction fiscale ne résout pas un problème de gouvernance ou de liquidité.
La réforme fédérale générale du droit successoral entrée en vigueur en 2023 a modifié notamment les réserves héréditaires. En revanche, le projet fédéral distinct qui devait créer des règles spéciales supplémentaires pour la transmission d’entreprise par succession n’a pas été adopté. Les scénarios doivent donc être construits sur le droit effectivement en vigueur et les règles cantonales applicables.
Valeur
Évaluer avant de répartir
La valeur de l’entreprise doit être distinguée des autres éléments de patrimoine familial.
Repreneur
Vérifier la capacité de financement
Le successeur doit pouvoir financer l’opération et conserver assez de liquidités pour l’entreprise.
Famille
Documenter les équilibres
Les conséquences pour les autres héritiers et les éventuelles créances entre membres de la famille doivent être lisibles.
Closing → Day 1 → 100 jours
Une transaction n’est pas terminée quand le prix est payé: la reprise doit être transformée en organisation opérationnelle et comptable
Préparer le closing
Finaliser conditions, chiffres de référence, pouvoirs, paiements et pièces.
Prendre le contrôle
Accès bancaires, signatures, logiciels, locaux, registres et dossiers doivent être remis.
Sécuriser la paie
Valider collaborateurs, salaires, assurances et responsabilités d’employeur.
Réconcilier le closing
Finaliser dette nette, working capital et éventuels ajustements du prix.
Mettre à jour les obligations
TVA, fiscalité, assurances, pouvoirs et TranspaReg doivent refléter la nouvelle situation.
Installer le reporting
Construire un suivi trésorerie, marge, dette et performance correspondant au plan d’acquisition.
La qualité du premier reporting est particulièrement importante lorsque la reprise est financée par dette. Les chiffres historiques utilisés pour valoriser l’entreprise doivent être rapprochés de la performance réelle après closing. Si le budget s’écarte rapidement du plan, la cause doit être identifiée avant que les échéances de financement ne réduisent la marge de manœuvre.
Lorsque la comptabilité de la cible n’était pas suffisamment structurée avant l’acquisition, le travail doit être organisé sans attendre le premier bouclement. La comptabilité PME reprend le cadre d’exploitation courant. Si la direction a ensuite besoin de budgets, reporting ou scénarios plus réguliers, un accompagnement de pilotage financier peut être mis en place séparément.
TranspaReg 2026
Un changement de contrôle doit désormais être rapproché du registre de transparence et des ayants droit économiques
Depuis le 1er octobre 2026, les sociétés concernées par la loi sur la transparence des personnes morales doivent identifier et annoncer leurs ayants droit économiques au registre suisse de transparence. Un share deal peut donc modifier directement les personnes à déclarer, tandis qu’une restructuration autour d’une holding peut modifier la chaîne de contrôle indirect.
Le critère principal vise notamment les personnes physiques qui détiennent ou contrôlent en fin de compte au moins 25% du capital ou des droits de vote, sans exclure d’autres formes de contrôle. Lorsqu’une modification intervient, les données doivent être mises à jour dans le délai légal, actuellement un mois.
La vérification doit être préparée au closing: registre des actions ou parts, nouveaux détenteurs, organes, conventions pertinentes et chaîne de contrôle doivent permettre de reconstruire qui exerce réellement le contrôle. Pour une acquisition via une holding, il faut remonter toute la chaîne jusqu’aux personnes physiques concernées.
Le registre du commerce, les pouvoirs bancaires et TranspaReg ne sont pas le même registre. Une transaction correctement inscrite au RC peut encore exiger une mise à jour distincte des ayants droit économiques.
Dossier de transaction
Le dossier doit permettre à chaque intervenant de travailler sur la même version des chiffres et des hypothèses
Ce qui est vendu ou repris
- actions/parts ou actifs;
- sociétés et établissements concernés;
- actifs, passifs et contrats inclus;
- éléments expressément exclus.
Ce qui justifie valeur et prix
- comptes des trois à cinq derniers exercices;
- normalisations documentées;
- dette nette et working capital;
- forecast et besoins d’investissement.
Ce qui peut modifier le net vendeur
- type de vendeur et actif cédé;
- taxations et contrôles ouverts;
- TVA et impôt anticipé;
- restructurations antérieures.
Ce qui permet au repreneur de payer
- fonds propres;
- financement bancaire;
- prêt vendeur ou earn-out;
- covenants et calendrier de remboursement.
Ce qui doit être vrai le jour J
- conditions suspensives;
- comptes et prix de closing;
- signatures et accès;
- personnel, contrats et communication.
Ce qui doit continuer sans rupture
- paie, TVA et comptabilité;
- banques et fournisseurs;
- reporting et dette;
- TranspaReg et gouvernance.
Checklist
Douze questions permettent de repérer tôt une transmission ou reprise qui mérite un travail supplémentaire avant la négociation finale
01
Objet de vente clair
Share deal ou asset deal, avec un périmètre écrit et compréhensible.
02
Comptes rapprochés
Les chiffres peuvent être reliés aux banques, débiteurs, créanciers et pièces.
03
Résultat normalisé
Chaque ajustement significatif est explicable et documenté.
04
Prix réconcilié
Valeur d’entreprise, dette nette et equity value ne sont pas mélangées.
05
Fiscalité vendeur
Le net après impôt est analysé avant de choisir la structure.
06
Financement testé
La dette peut être servie sans supprimer le besoin d’investissement de la cible.
07
Working capital cadré
La définition et le niveau de référence sont compris par les deux parties.
08
Personnel préparé
Information, consultation éventuelle, paie et assurances ont un responsable.
09
Contrats vérifiés
Les clauses de transfert ou changement de contrôle sont identifiées.
10
TVA décidée
La procédure de déclaration est analysée lorsque des actifs sont transmis.
11
Day 1 organisé
Accès, banque, logiciels, signatures et facturation fonctionneront après closing.
12
TranspaReg inclus
Le changement d’ayants droit économiques est intégré au post-closing.
FAQ
Questions fréquentes sur la transmission et la reprise d’une PME en Suisse
Quelle différence entre vendre les parts et vendre les actifs?
Dans un share deal, l’acheteur acquiert les actions ou parts de la société, qui continue d’exister avec son patrimoine. Dans un asset deal, le périmètre d’actifs, droits et passifs transférés doit être identifié séparément.
Un gain sur la vente d’une Sàrl est-il toujours exonéré pour le propriétaire?
Non. Un gain en capital privé sur des parts détenues dans la fortune privée est en principe exonéré au niveau fédéral, mais des règles comme la liquidation partielle indirecte ou la transposition peuvent modifier le traitement lorsque leurs conditions sont réunies.
Comment valoriser une PME?
Il n’existe pas une formule unique. Les comptes doivent être normalisés, puis une ou plusieurs méthodes adaptées à l’entreprise peuvent être utilisées. Le prix final reste négocié et peut encore être ajusté pour dette, cash, working capital et risques.
Pourquoi normaliser l’EBITDA ou l’EBIT?
Pour distinguer la performance récurrente des éléments exceptionnels ou propres à l’ancien propriétaire. Chaque ajustement doit rester vérifiable; la normalisation ne doit pas servir à embellir artificiellement l’entreprise.
Qu’est-ce qu’une due diligence?
C’est l’examen structuré des informations financières, fiscales, juridiques, commerciales, sociales et opérationnelles nécessaires pour confirmer les hypothèses de la transaction et identifier les risques.
Un prêt vendeur est-il utile?
Il peut compléter le financement bancaire ou rapprocher les attentes de prix, mais il laisse au vendeur un risque de crédit après le closing. Montant, rang, intérêts, garanties et remboursement doivent être documentés.
Qu’est-ce qu’un earn-out?
Une partie du prix dépend de performances futures définies dans le contrat. La formule doit être assez précise pour éviter un conflit sur les indicateurs, les règles comptables et les décisions de gestion post-closing.
Que devient le personnel lors d’un asset deal?
Lorsqu’il y a transfert d’entreprise ou d’une partie d’entreprise, les art. 333 et 333a CO organisent notamment le transfert des rapports de travail, l’information et, selon les mesures envisagées, la consultation.
La procédure TVA de déclaration s’applique-t-elle toujours?
Non. L’art. 38 LTVA et le formulaire AFC 764 distinguent différentes situations. Il faut vérifier si la procédure est obligatoire, facultative ou non applicable à la transaction envisagée.
Faut-il une holding pour reprendre une PME?
Pas automatiquement. Une holding ou société d’acquisition peut être pertinente pour certains financements ou structures de groupe, mais elle crée aussi des coûts et des conséquences fiscales. La structure doit être comparée au besoin réel.
Une transmission familiale bénéficie-t-elle automatiquement d’un avantage fiscal dans le canton de Vaud?
Non. La loi vaudoise prévoit un abattement de 50% de la fortune commerciale nette dans certaines transmissions en ligne directe, sous conditions. La situation, la participation et le rôle du repreneur doivent être vérifiés.
Que faut-il faire après le closing?
Réconcilier les comptes de closing, sécuriser paie et TVA, mettre à jour pouvoirs et registres, organiser le reporting, suivre la dette et traiter les obligations de transparence telles que TranspaReg lorsque la société est concernée.
Une transmission doit-elle être préparée plusieurs années avant?
Lorsque cela est possible, oui: dépendance au dirigeant, structure de groupe, fiscalité, documentation et succession familiale se corrigent plus facilement avant qu’une date de vente soit imposée. Mais une opération plus courte peut également être cadrée si les priorités sont traitées dans le bon ordre.
BalanceFinance rédige-t-elle le contrat de vente?
Non. BalanceFinance peut préparer et analyser les données comptables, financières, fiscales et administratives du dossier. La rédaction juridique de la convention de vente, des garanties ou pactes doit être confiée à un avocat, notaire ou autre spécialiste compétent selon l’opération.
À retenir
Huit repères pour transmettre ou reprendre une entreprise sans réduire l’opération à un prix et une date de signature
Structure
Définir ce qui est vendu
Share deal et asset deal ne déplacent pas les mêmes actifs, contrats et risques.
Valeur
Normaliser avant d’évaluer
Un résultat soutenable vaut davantage qu’un multiple appliqué à un chiffre non expliqué.
Diligence
Relier risque et décision
Chaque point important doit modifier le prix, une garantie, une condition ou le plan d’intégration.
Fiscalité
Calculer le net vendeur
Le traitement dépend du vendeur, de l’actif cédé et de la structure de financement.
Dette
Tester le cash-flow
Une acquisition ne doit pas priver l’entreprise des liquidités nécessaires à son activité.
Closing
Écrire les règles du cut-off
Dette nette, working capital, stock, salaires et TVA doivent être réconciliables.
Personnes
Préparer la continuité
Collaborateurs, clients clés et savoir-faire ne se transfèrent pas par une simple écriture.
Après
Organiser Day 1 et 100 jours
Reporting, obligations et gouvernance commencent immédiatement après l’opération.
Sources officielles
Références utilisées pour cette page
- SECO / Portail PME — Succession et cessation — vue d’ensemble de la préparation d’une transmission d’entreprise.
- SECO / Portail PME — Valeur d’une entreprise — méthodes de valorisation et distinction entre valeur et prix.
- SECO / Portail PME — Due diligence — examen détaillé d’une entreprise dans le cadre d’une reprise.
- SECO / Portail PME — Financement de la succession — financement du repreneur et lecture de la capacité financière.
- Fedlex — Loi fédérale sur l’impôt fédéral direct (LIFD) — notamment gains en capital privés, activité indépendante et art. 37b.
- Fedlex — Code des obligations — notamment art. 333 et 333a sur le transfert d’entreprise et les rapports de travail.
- AFC — Formulaire n° 764, procédure de déclaration art. 38 LTVA — transmission de patrimoine et mise à jour du formulaire.
- AFC — Impôt anticipé, déclaration au sein d’un groupe — utile lorsque la transaction ou son financement implique une structure de groupe.
- État de Vaud — Art. 29a LMSD — transmission d’entreprise en ligne directe et abattement sous conditions.
- TranspaReg — Qui est l’ayant droit économique? — contrôle direct et indirect, seuils et identification.
- TranspaReg — Questions et réponses — obligations d’annonce et mise à jour des données.
Sources vérifiées le 15 octobre 2026. Cette page fournit un cadre général pour les PME suisses, avec des repères spécifiques au canton de Vaud lorsque cela est indiqué. Une transaction peut nécessiter un avocat, un notaire, un expert en prévoyance, un spécialiste TVA ou un autre professionnel selon sa structure, ses actifs, son financement et les personnes concernées. Les conséquences fiscales doivent être validées sur le dossier concret avant signature.
Transmission & reprise
Préparer une transmission ou cadrer une reprise avant que le prix, le financement et le calendrier ne figent les mauvaises hypothèses
Indiquez si vous transmettez ou reprenez l’entreprise, sa forme juridique, son activité, son chiffre d’affaires approximatif, le nombre de collaborateurs, la date envisagée et l’état d’avancement des discussions.
Pour une première lecture, BalanceFinance peut cadrer les comptes disponibles, la normalisation du résultat, les informations de due diligence, les scénarios de prix et financement, la fiscalité à vérifier, la TVA, le personnel et les étapes de closing relevant du périmètre fiduciaire.
Aucun mot de passe bancaire, fiscal ou EasyGov et aucun document confidentiel de transaction n’est nécessaire dans le premier message.
Parler de votre transmission ou reprise
Indiquez si vous transmettez ou reprenez l’entreprise, sa forme juridique, son activité, la date envisagée et le principal sujet à cadrer: valeur, financement, fiscalité, due diligence ou organisation du closing.